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Chez nous paillete copie

La beauté croche

 

La beauté croche.

La beauté de l’ordinaire, la beauté du quotidien, la beauté du laid, du risible. La beauté too much. La beauté 3 pour 3,99. La beauté du pauvre. La beauté tout croche parfois, ok, mais la beauté vraie, la beauté de tout le monde. La beauté pour tout le monde.

De la beauté en spécial. Si t’en achètes 3, j’ten donne 4.
4 beautés pour le prix d’une
Beauté pour emporter
Est-ce que je te mets ta beauté dans un sac?

La beauté amochée
La beauté de la coupe Vanier
La beauté en bédaine dans le parc

La beauté à la pharmacie 24 heures
La beauté 7 jours sur 7
All day, every day
All night loooong
La beauté de ne jamais manquer de rien. La beauté pour les insomniaques,
de jaser avec le gardien de nuit.
Le rayon Beauté

Beauté pas de liquidités
Beauté sous forme de billets pour envoyer à ta famille en Afrique
Beauté vue du haut d’un HLM
La beauté pas maquillée, en coton ouaté, en hiver comme en été.
La beauté tout croche, la beauté sua brosse, la beauté en a mangé toute une.
La vieille beauté plissée, des beautés parkéees dans un CHSLD.

La beauté d’un terrain vague

La beauté pour le monde riche. Des restants de beauté pour les autres. Moins en moins de beauté. La beauté on ne veut pas la voir, elle est ben que trop rendue laide. On s’en va l’entasser à Vanier. Eille bonne idée.

La vraie beauté, la fierté. La beauté à tout casser, la beauté qui a résisté.

À force de regarder le mot beauté, j’ai fini par le trouver laid,
j’ai fini par pu vouloir en entendre parler.
On se parle-tu d’autre chose? On se parle-tu de la vie?
On se parle-tu
de la diversité
On se parle-tu
de la solidarité

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Malaise

Le malaise

Qu’on se le dise, j’aime mon quartier sous toutes ses coutures, même les moins glamour. Donne-moi des multinationales pis des fast food pis je vais t’en écrire des poèmes. Donne-moi des quartiers populaires pis du monde ordinaire pis je vais les aimer, je vais te les chanter, je vais même te les danser si tu veux.

Ça me dérange pas d’aimer Vanier, même si c’est le paradis du béton pis de l’asphalte, même si dans le fond, c’est un gros parc industriel et commercial avec une coupe de maisons dessus. Ça ne me dérange pas parce qu’il en reste en masse du stock à aimer. Une poignée de rues, une coupe de maisons, quelques églises, des tabagies, des écoles. Un petit concentré de vie, un quart de quartier oui, mais le mien. Mon quart de quartier. Ils peuvent avoir l’air de ce qu’ils veulent, les Vaniérois, ce sont les miens quand même. Eux et moi, on est tissés serré, et on se tient.

Non, le grand malaise que j’ai avec mon quartier, il commence par une pancarte qui est drette à la frontière de mon duché. Quand on arrive de Duberger et qu’on traverse à Vanier, une blonde madame nous accueille.

« Bienvenue au paradis »

bienvenue au paradis 2 

C’est juste une pub. C’est juste une pub et elle se veut bien invitante, mais c’est juste la pub de trop parmi toutes les pubs qui voudraient bien te faire accroire qu’une femme, dans le fond, s’tun peu comme un steak. Ça s’achète pis ça se consomme.

Passée date cette pub, brandissant sa madame blonde comme un gros trophée patriarcal des années 50. Et il fallait qu’ils la foutent à l’entrée de chez nous. Ils ne m’ont certainement pas demandé mon avis de duchesse.

Un malaise en amène un autre, cette pancarte (et l’établissement qui vient avec) me rappelle toujours que quelques mètres plus loin, sur Pierre Bertrand, il y la tache rose nanane. La tache rose nanane, parce son nom vrai nom nous donne le goût de sourire alors que ce qui s’y passe, ben moi, ça ne me fait pas rire du tout.

Deux établissements, deux pincements dans mon cœur de duchesse.

Je ne veux pas me lancer ici dans le débat sur la prostitution ou sur le libre choix des femmes de faire ce qu’elles veulent et de travailler où elles le veulent, et je ne veux surtout pas dénigrer les femmes qui travaillent dans l’un ou l’autre de ces établissements. C’est un sujet délicat, ce qui est toujours le cas finalement, quand on débat avec la vie des gens. Ce malaise-là, je voulais juste le nommer.

Je voulais juste nommer que je suis toujours triste quand je vois cette pancarte qui me rappelle que dans mon bien-aimé duché, on peut acheter un petit bout du corps d’une femme comme on peut s’acheter une assiette d’ailes de poulet ou un tournevis.

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Duchesse, tes chemises sont-elles sèches?

Portrait de la Duchesse de Modène représentée en Hébé, par Pierre Gobert. Original conservé au Musée du Louvre. Domaine public.

Portrait de la duchesse de Modène représentée en Hébé, par Pierre Gobert. Original conservé au Musée du Louvre. Domaine public.

En m’inscrivant à la Revengeance des duchesses, il y a quelques mois, je me souviens que cette question s’était imposée à moi : pourquoi des duchesses et non des baronnes, des princesses, des marquises ou tout autre représentante féminine de la hiérarchie nobiliaire? Étant historienne (Non! Vraiment? Hi hi hi!) j’ai évidemment décidé de creuser la question et de vous faire bénéficier de mes trouvailles.

On s’entend sur un élément : les titres nobiliaires ont été créés par et pour des hommes. La féminisation intervient au fil du temps pour désigner les épouses des messieurs titulaires de ces rangs. Vous êtes prêtes et prêts? Allons-y.

Petite leçon d’histoire en 2 minutes

L’idée de hiérarchie sociale est extrêmement ancienne. Sous l’empire romain, certains éléments se dessinent mais ils se structurent surtout au cours du Moyen Âge, entre autres grâce à Charlemagne, qui a apparemment eu d’autres idées folles que celle d’inventer l’école.

Les titres sont habituellement associés à des possessions territoriales, mais pas toujours. Le royaume (ou empire, selon les époques et les lieux) est découpé en duchés, eux-mêmes subdivisés en comtés comprenant plusieurs baronnies. Oui, c’est assez compliqué.

Mais voici, en gros, à quoi cela ressemble :

hierarchie-nobiliaireSuivant cette hiérarchie, si nos quartiers sont des «duchés», cela fait de la ville de Québec un royaume. Voici qui fera plaisir à Régis 1er!

Quelques faits pas plates pantoute à propos des duchesses

  • Le titre de duc/duchesse est le plus élevé de la hiérarchie nobiliaire, tant en France qu’en Angleterre.
  • C’est aussi le titre de noblesse le plus ancien. À Rome, un dux (du latin dicis signifiant chef) est un commandant militaire chargé des régions éloignées. Après la chute de l’empire romain, la fonction se transforme.
  • Au Moyen Âge, les duchesses ont le rare privilège de pouvoir s’asseoir en présence de la reine. Le banc sur lequel elles posent leur postérieur s’appelle d’ailleurs le tabouret de duchesse!
  • Et l’archiduchesse Sophie, mère de l’empereur Franz et belle-mère de Sissi? Le titre d’archiduc et d’archiduchesse est réservé aux membres de la famille impériale d’Autriche, tout justement : il n’en existe pas ailleurs.

archiduchesseConclusion : être DUCHESSE, c’est le meilleur titre qui soit!
On doit défendre les « marges » et même les repousser! :D

Bonus : saviez-vous que le mot SNOB signifie en fait «sans noblesse»? Déjà utilisé vers les années 1830, il désignait ces jeunes gens issus de la bourgeoisie qui avaient été admis dans les riches pensions jusqu’alors réservées aux nobles. Pour pouvoir s’intégrer à leurs condisciples, ces sine nobilitate (en latin « sans noblesse »… qui a donné l’abréviation s.nob.) devaient imiter le comportement de l’élite. L’usage désigne maintenant ceux qui essaient de reproduire le mode de vie d’une catégorie sociale considérée supérieure.

Pour vous mettre dans le beat :

Et pour en savoir plus :

– Catherine, historienne, Québécoise et fière revenduchesse dubersauloise

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les Fermières au travail!

Tisser des liens, trouver son cercle

Aujourd’hui, je prends une petite pause du poétique pour vous raconter l’histoire de mon écharpe de duchesse. Mon écharpe, elle n’est pas seulement belle, elle m’a aussi permis de tisser des liens dans mon quartier et de m’y sentir encore un petit peu plus chez moi.

Par un bel après-midi de janvier, je me suis rendue au local du Cercle de fermières de Vanier. M’attendait toute une brochette de belles madames aux multiples talents et aux cœurs grands comme la ville. En plus de leurs nombreuses activités, elles se rencontrent un mardi par mois pour tisser, tricoter, faire de la courtepointe et parfois pour faire un brin de jasette, tout simplement. Cette journée-là, elles avaient un mandat supplémentaire : aider une duchesse en détresse à réaliser sa bannière. Grâce à leur expertise, à leur patience et à leur générosité, mission accomplie!

Elles en ont profité pour m’inviter à un déjeuner-bénéfice organisé en leur honneur par les Chevaliers de Colomb. Le dimanche 8 février, je suis donc allée déjeuner au sous-sol de l’église Notre-Dame-de-Recouvrance pour encourager mon cercle. Plus de 200 personnes ont fait comme moi, c’est dire à quel point les Fermières de Vanier tiennent une place importante dans le cœur des résidents du quartier. J’ai eu l’occasion d’y rencontrer des membres impliqués de ma communauté et de voir à quel point Vanier est un quartier tissé serré!

Je tiens à remercier tout particulièrement madame Lise Fiset pour sa grande implication et sa générosité. Je remercie également Helen O’Brian et Sylvie Saindon qui ont  contribué à me fabriquer des bouts d’écharpe! Enfin, je remercie et salue toutes les autres fermières qui m’ont fait un si bel accueil.

Quant à moi, j’ai trouvé mon cercle, et j’en suis bien fière! Longue vie aux Fermières de Vanier!

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