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La chaleur des tropiques du coeur

Les terrasses de l’été, les patinoires de l’hiver : c’est la même chaleur des gens d’ici qu’on y retrouve, aux quatre saisons. Viens te réchauffer en basse-ville, puisque mon quartier, il t’accueille à bras ouverts toute l’année.

Ma coiffeuse potineuse. Mon boulanger enthousiaste. Ma barmaid rockeuse. Mes chats sauvages. Mon quêteux alcoolique. Ma caissière aux anecdotes épicées. Mes voisins aux « bonjours » ensoleillés. Mes effluves d’usine à papier.

T’as entendu aux nouvelles? Nous, on respire du nickel!
Ils ont la couenne dure les Limoulois. Ils en ont senti passer, des nuages de Daishowa.

Les artistes de Limoilou-Nord. Les écoles multi-ethniques. Les créateurs d’images et de musiques spontanées. Les buveurs de cafés de brûlerie. Les habitués du bar qui parlent trop fort. Les familles abondantes multipliées. La crème glacière qui donne les plus grosses portions de gelato du monde.

Ils sont tous là, à Limoilou, à te sourire avec le coeur, à te préparer un grand nid d’amour pour la journée où tu vas venir faire ton tour!

En attendant, Odile Dupont et moi-même, on s’est amusées dans nos endroits préférés par un beau lundi d’hiver pour chanter notre Limoilove. On fait même fi des avertissements de glace mince! (Merci à QuébecWood pour la production!)

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Chez nous paillete copie

La beauté croche

 

La beauté croche.

La beauté de l’ordinaire, la beauté du quotidien, la beauté du laid, du risible. La beauté too much. La beauté 3 pour 3,99. La beauté du pauvre. La beauté tout croche parfois, ok, mais la beauté vraie, la beauté de tout le monde. La beauté pour tout le monde.

De la beauté en spécial. Si t’en achètes 3, j’ten donne 4.
4 beautés pour le prix d’une
Beauté pour emporter
Est-ce que je te mets ta beauté dans un sac?

La beauté amochée
La beauté de la coupe Vanier
La beauté en bédaine dans le parc

La beauté à la pharmacie 24 heures
La beauté 7 jours sur 7
All day, every day
All night loooong
La beauté de ne jamais manquer de rien. La beauté pour les insomniaques,
de jaser avec le gardien de nuit.
Le rayon Beauté

Beauté pas de liquidités
Beauté sous forme de billets pour envoyer à ta famille en Afrique
Beauté vue du haut d’un HLM
La beauté pas maquillée, en coton ouaté, en hiver comme en été.
La beauté tout croche, la beauté sua brosse, la beauté en a mangé toute une.
La vieille beauté plissée, des beautés parkéees dans un CHSLD.

La beauté d’un terrain vague

La beauté pour le monde riche. Des restants de beauté pour les autres. Moins en moins de beauté. La beauté on ne veut pas la voir, elle est ben que trop rendue laide. On s’en va l’entasser à Vanier. Eille bonne idée.

La vraie beauté, la fierté. La beauté à tout casser, la beauté qui a résisté.

À force de regarder le mot beauté, j’ai fini par le trouver laid,
j’ai fini par pu vouloir en entendre parler.
On se parle-tu d’autre chose? On se parle-tu de la vie?
On se parle-tu
de la diversité
On se parle-tu
de la solidarité

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Malaise

Le malaise

Qu’on se le dise, j’aime mon quartier sous toutes ses coutures, même les moins glamour. Donne-moi des multinationales pis des fast food pis je vais t’en écrire des poèmes. Donne-moi des quartiers populaires pis du monde ordinaire pis je vais les aimer, je vais te les chanter, je vais même te les danser si tu veux.

Ça me dérange pas d’aimer Vanier, même si c’est le paradis du béton pis de l’asphalte, même si dans le fond, c’est un gros parc industriel et commercial avec une coupe de maisons dessus. Ça ne me dérange pas parce qu’il en reste en masse du stock à aimer. Une poignée de rues, une coupe de maisons, quelques églises, des tabagies, des écoles. Un petit concentré de vie, un quart de quartier oui, mais le mien. Mon quart de quartier. Ils peuvent avoir l’air de ce qu’ils veulent, les Vaniérois, ce sont les miens quand même. Eux et moi, on est tissés serré, et on se tient.

Non, le grand malaise que j’ai avec mon quartier, il commence par une pancarte qui est drette à la frontière de mon duché. Quand on arrive de Duberger et qu’on traverse à Vanier, une blonde madame nous accueille.

« Bienvenue au paradis »

bienvenue au paradis 2 

C’est juste une pub. C’est juste une pub et elle se veut bien invitante, mais c’est juste la pub de trop parmi toutes les pubs qui voudraient bien te faire accroire qu’une femme, dans le fond, s’tun peu comme un steak. Ça s’achète pis ça se consomme.

Passée date cette pub, brandissant sa madame blonde comme un gros trophée patriarcal des années 50. Et il fallait qu’ils la foutent à l’entrée de chez nous. Ils ne m’ont certainement pas demandé mon avis de duchesse.

Un malaise en amène un autre, cette pancarte (et l’établissement qui vient avec) me rappelle toujours que quelques mètres plus loin, sur Pierre Bertrand, il y la tache rose nanane. La tache rose nanane, parce son nom vrai nom nous donne le goût de sourire alors que ce qui s’y passe, ben moi, ça ne me fait pas rire du tout.

Deux établissements, deux pincements dans mon cœur de duchesse.

Je ne veux pas me lancer ici dans le débat sur la prostitution ou sur le libre choix des femmes de faire ce qu’elles veulent et de travailler où elles le veulent, et je ne veux surtout pas dénigrer les femmes qui travaillent dans l’un ou l’autre de ces établissements. C’est un sujet délicat, ce qui est toujours le cas finalement, quand on débat avec la vie des gens. Ce malaise-là, je voulais juste le nommer.

Je voulais juste nommer que je suis toujours triste quand je vois cette pancarte qui me rappelle que dans mon bien-aimé duché, on peut acheter un petit bout du corps d’une femme comme on peut s’acheter une assiette d’ailes de poulet ou un tournevis.

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Tu sais que t’es allé à La Seigneurie quand…

Photo de groupe, classe de 3e année 1999-2000. École Mgr Robert, voisine de La Seigneurie. Oui, je suis celle avec la robe verte.

Photo de groupe, classe de troisième année 1999-2000. École Monseigneur-Robert, voisine de La Seigneurie. Oui, je suis celle avec la robe verte.

S’il y a un point rassembleur du fait d’avoir grandit à Beauport, c’est bien l’école où tu es allé. À l’école secondaire de La Seigneurie, disons qu’on était quand même fiers de notre établissement et qu’on l’aimait pas mal.

Encore aujourd’hui, près de 10 ans après ma glorieuse graduation (j’ai quand même été dans la première cohorte qui a eu la chance d’avoir une cérémonie de remise de faux diplômes d’études secondaires american style), chaque fois que je rencontre quelqu’un qui est allé à La Seign, on a toujours plein de petits souvenirs qui refont surface.

Voici donc un petit palmarès non exhaustif qui te fait dire que t’es allé à La Seigneurie quand…

  1. Le nom « Madame Brown » te donne encore des frissons et tu sais pas trop pourquoi.
  2. T’as jamais résolu le mystère de quel était le prénom de Madame Brown avant de l’avoir vue dans l’album de finissants.
  3. Tu sais que peu importe le défi mathématique que tu lançais à Mario (le prof de math), c’était certain qu’il allait le résoudre en dedans de 10 secondes. Pas de calculatrice. Pas de feuille. Juste son mental et ses pouvoirs de Jedi.
  4. T’as au moins trois ou quatre amis qui ont badtrippé une partie de leur secondaire 5 à cause de l’Expo science.
  5. La journée pizza à la caf tu te dépêchais vraiment de descendre au 2e pour faire la file pour être un des chanceux à avoir une pizza qui finalement valait pas tant d’efforts. Pour vrai, était quand même dégueu.
  6. Ton prof d’économie distribuait gaiement des condoms à toute la classe parce que c’est « économique » de ne pas avoir d’enfant.
  7. T’as un petit stress quand tu vois une règle en bois. Ça te rappelle le même prof d’économie qui donnait une couple de p’tits coups secs sur le coin de ton bureau quand t’étais dans la lune. Le tout agrémenté de son rire unique et inquiétant.
  8. Ton arrivée à la Seigneurie, c’était une véritable délivrance après avoir passé deux années de marde à l’Académie Sainte-Marie.
  9. Partager un micro-onde c’est tout à fait normal. Surtout avec 10 personnes en même temps. Ça fait qu’en arrivant au cégep, tu comprends pas pourquoi t’es obligé d’attendre 20 minutes pour mettre ton plat à chauffer tout seul.
  10. Jeff.
  11. Réal, ton prof d’anglais, avait une mascotte mi-ours mi-singe du nom de Bernie qui hante encore tes cauchemars.
  12. Tu rencontres des gens qui sont aussi allés à La Seigneurie, les mêmes années que toi et tu les as jamais vus. C’est après que tu te rends compte qu’ils étaient en concentration musique. Ces gens-là existaient juste dans deux couloirs. (Coucou duchesse de Saint-Roch)
  13. Tu trouvais que l’entraîneur-adjoint de natation ressemblait vraiment à Kevin Parent.
  14. Le bain de neige du carnaval de l’école était l’événement que tout bon élève de secondaire 5 ne pouvait manquer.
  15. Ta pause rimait souvent avec « petite galette de patate ».
  16. « CAUCUS! », Michel le prof d’éduc.
  17. T’avais un peu peur des autres jeunes qui venaient de Samuel-de-Champlain.
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Parce que Saint-Vallier c’est la plus romantique

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Pratiquement chaque jour je foule son corps empreint d’histoires, de paroles et de regards
Pratiquement chaque jour j’la parcours d’ouest en est
Pis j’la regarde comme on regarde un chez-soi pas beaucoup étranger
Pourquoi, je sais pas, peut-être parce qu’on se ressemble
On aime les vagues, les longs chemins qui mènent quelque part

Je sais pas trop
Mais on s’en fout

Parce que Saint-Vallier c’est renouer avec la vie
Se défaire de l’impression d’être stagnant pis incapable
Marier l’instant présent
Cet instant qui m’dit de m’évacher de tout mon être en son sein
De pas r’garder plus loin
Parce que anyway j’peux pas j’vois pas
J’suis là
Pis j’me dois d’écouter
La laisser me porter dans ses bras
La laisser m’étourdir m’apaiser au risque d’en dégueuler

Saint-Vallier
Les Récollets y l’ont construite pour nous je l’sais
Ils ont pris bien leur temps de contourner les marais
Pour pas qu’on s’enfonce dans notre complaisance acquise
Pour qu’on tourne qu’on roule ensemble
Pour qu’on laisse le soin à ses formes plantureuses de servir la passion pis la douceur
Pour qu’on y laisse le soin de m’trancher l’âme chaque fois que je découvre son corps
Un rassemblement de membres de microcosmes disparates
Un tout d’une parfaite imperfection
Qui me puise de l’eau de l’âme
Qui m’fait étaler mes larmes sur elle
Qui rend tangible notre réel

Oui ça m’arrive de regarder à côté
De regarder les autres de nous comparer
De regarder Simon-Napoléon-Parent
D’le conjuguer à tous les temps
D’me dire fuck le majestueux vert de fraîcheur joyeux respirant inspirant
Amoureux même
Pis à nouveau j’la regarde elle, oui elle, ma tortueuse
Pis en m’repliant l’intérieur à deux mains j’me dis que
Non
Non parce que Saint-Vallier ben
Ça se calcule pas
Ça se conjugue pas
Pis ça se compare pas

Pis je l’sais des fois a fait chier la Saint-Vallier avec ses détours caves
Mais si tu y penses ben comme du monde
C’est tellement mieux qu’une rue straight dont tu vois le boutte
Pis dont t’as tellement le temps de t’imaginer la suite
Sans surprises
Saint-Vallier c’est des petits objectifs à la fois
Elle sait prendre son temps
Elle sait nous attendre pis nous surprendre

Pis toute ça
Toute cette mélodie planante de l’instant
Ça s’envole quand j’descends
Quand je tourne sur Charest
Que Saint-Vallier est là derrière
Elle est plus là
Mais c’est encore doux
Comme le coton ouaté de grand-papa quand y sort d’la sécheuse
Mon cœur il sourit quand même parce qu’y sait que
D’la chaleur de coton ouaté à grand-papa
Ben
Y en aura d’autres
Pis ça m’aide à traverser Charest
Sa froideur
Son défilé crade d’automobiles affamées
Pis je sais que je vais la retrouver, ma Saint-Vallier
Parce que je l’aime d’un amour non pas tragique
ni même typique.

Parce que Saint-Vallier c’est la plus romantique

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À mon amour, à Ville Vanier

Collage illustrant Ville Vanier

Quand je suis arrivée à Québec il y a sept ans, tu étais la dernière place où j’avais envie d’être. Pour une fille qui débarque tout droit d’une région ben, ben éloignée, tu n’avais rien pour me séduire : tu étais juste trop loin du centre-ville à pied. J’ai été fière citoyenne de Limoilou, hippie mal assumée de Saint-Jean-Baptiste et j’en passe. Mais Vanier? Tu étais hors de mon univers des possibles.

Alors, quand mon scintillant chum m’a annoncé qu’il ne bougerait pas de chez vous, je l’avoue, j’ai freaké. Le boulevard Hamel me faisait peur avec ses fast-foods, ses motels louches et Québec Broue, et j’avais des souvenirs traumatisants d’un show d’Iron Maiden vu au Colisée Pepsi quand j’avais 16 ans. Des flashs angoissants du parking de Place Fleur de Lys la nuit, du parcours de la 84 et de pizzas hawaïennes graisseuses hantaient mon esprit. J’avais peur de m’extirper de mon quartier in pour affronter l’indompté, l’hostile quartier populaire.

Mes amis montréalais branchés ont juré qu’ils ne viendraient plus jamais me visiter. Qu’à cela ne tienne, j’ai paqueté mon appartement plein de cachet du Vieux-Québec et je t’ai ouvert mon cœur.

Aujourd’hui, coin Marché du Store/Hamel, je partage l’amour féroce et la fierté que tes plus fidèles habitants te portent. Les mots manquent pour décrire la beauté rough de tes paysages de béton, pour décrire le soleil, dans le parking de mon bloc, les matins d’été. Surtout, les mots manquent pour décrire les gens, tes gens : la vieille madame épanouie avec ses cheveux mauves qui vit ici depuis 45 ans, ou encore tes enfants, lumineux, qui m’abordent sans gêne pour me demander si mon chien est « un vrai loup ». Ceux qui, fraîchement débarqués ou bien enracinés, t’animent et te rendent unique, fascinante.

Vanier, tu es la vie, tu es mon enfance de petit village, heureuse, rythmée par les starts des chars et les crèmes à glace. Forever Ville Vanier, je m’en fous que tu sois rough. Merci d’être toi, dans ta beauté bizarre et crue, dans ta beauté heavy metal. Merci de m’avoir séduite, merci, surtout, de m’avoir gardée.

Ta duchesse de Ville Vanier,

Jessica Landry

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