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La revengeance des duchesses

Lettre de désir à un quartier qui m’allume

 

Photo Rue Saint-Jean coin Salaberry-Trottoir barré

Photo par Ariane Lapointe-Auger

Salut SJB,

Je sais que tu te sens tout seul de ta gang de quartiers à ne pas avoir reçu ta lettre. Ta déclaration d’amour fiévreuse, ton texte au tu. C’est parce que je dis souvent à mes élèves que le tu tue.

Pis si y’a bien une affaire que je ne souhaite pas, c’est te tuer. J’aimerais ça être Richard Desjardins pis te chanter l’amour. Mais dans ces histoires d’amour-là c’est toujours exclusif. Les yeux dans les yeux pis les lèvres effouarées sur l’autre à se respirer le dedans de bouche.

Moi je te veux pas exclusif.

Je te veux, ça oui. Je te veux partout : dans la gadoue de la rue Saint-Jean, accoté sur une tombe du cimetière Saint-Matthews, dans la cabine d’essayage du Séraphin, en diagonale dans la côte Sainte-Geneviève. Partout.

Je te veux bien peigné les matins de semaine quand les travailleurs t’envahissent. Je te veux sauvage les vendredis soirs où on finit plus de finir nos soirées sur la terrasse du Sacrilège, je te veux tendre quand tu regardes les poussettes qui slaloment entre les passants.

Je te veux cochon au Snack Bar Saint-Jean. Je te veux quand tu prends le temps de venir comme le parcours de la 7. Je te veux quand t’es pressé d’en finir comme les automobilistes qui font des détours dans tes rues pour pas pogner le trafic.

Mais je te veux pas juste à moi. Je te veux à plusieurs, à deux, à trois, à mille! Je te veux désiré, désirable, offert à tous ceux qui te pénètrent. Ton dedans de bouche, ben j’aimerais ça qu’on soit une méchante gang à le respirer. Tous en même temps, si possible.

Je rêve qu’on soit des millions, des milliers à chevaucher tes pentes à pic, tes escaliers pis à gueuler le souffle court : « Je te veux! »

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