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La revengeance des duchesses

PHOTOS

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Votez pour votre duchesse!

  • Émilie Rioux (Limoilou) (27%)
  • | 2 235 Votes
  • Catherine Ferland (Duberger–Les Saules) (26%)
  • | 2 151 Votes
  • Jeanne Larocque-Jeffrey (Saint-Jean-Baptiste) (12%)
  • | 991 Votes
  • Isabelle Cormier (Saint-Roch) (10%)
  • | 850 Votes
  • Andréanne Wahlman (Saint-Sauveur) (6%)
  • | 462 Votes
  • Marie-Claude Savoie (Beauport) (6%)
  • | 456 Votes
  • Arthy Le Robot (Saint-Malo) (5%)
  • | 410 Votes
  • Jessica Landry (Ville Vanier) (4%)
  • | 361 Votes
  • Andrée-Anne Blacutt (Montcalm) (4%)
  • | 314 Votes

Merci!

N'oubliez pas que vous avez droit à
un vote par personne, par jour. À demain!

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Jessica Landry

Ville Vanier

 

Chez nous paillete copie

La beauté croche

 

La beauté croche.

La beauté de l’ordinaire, la beauté du quotidien, la beauté du laid, du risible. La beauté too much. La beauté 3 pour 3,99. La beauté du pauvre. La beauté tout croche parfois, ok, mais la beauté vraie, la beauté de tout le monde. La beauté pour tout le monde.

De la beauté en spécial. Si t’en achètes 3, j’ten donne 4.
4 beautés pour le prix d’une
Beauté pour emporter
Est-ce que je te mets ta beauté dans un sac?

La beauté amochée
La beauté de la coupe Vanier
La beauté en bédaine dans le parc

La beauté à la pharmacie 24 heures
La beauté 7 jours sur 7
All day, every day
All night loooong
La beauté de ne jamais manquer de rien. La beauté pour les insomniaques,
de jaser avec le gardien de nuit.
Le rayon Beauté

Beauté pas de liquidités
Beauté sous forme de billets pour envoyer à ta famille en Afrique
Beauté vue du haut d’un HLM
La beauté pas maquillée, en coton ouaté, en hiver comme en été.
La beauté tout croche, la beauté sua brosse, la beauté en a mangé toute une.
La vieille beauté plissée, des beautés parkéees dans un CHSLD.

La beauté d’un terrain vague

La beauté pour le monde riche. Des restants de beauté pour les autres. Moins en moins de beauté. La beauté on ne veut pas la voir, elle est ben que trop rendue laide. On s’en va l’entasser à Vanier. Eille bonne idée.

La vraie beauté, la fierté. La beauté à tout casser, la beauté qui a résisté.

À force de regarder le mot beauté, j’ai fini par le trouver laid,
j’ai fini par pu vouloir en entendre parler.
On se parle-tu d’autre chose? On se parle-tu de la vie?
On se parle-tu
de la diversité
On se parle-tu
de la solidarité

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ouvert 24h

Pharmaprix 24 h

*Mon premier poème sur Vanier. Il  a été écrit il y a quelque temps déjà pour mes amis de la revue Le Sacre du Printemps. Je venais tout juste d’arriver à Vanier et le gros évènement du moment, c’était que le Pharmaprix pas loin de chez nous venait de virer 24 h. C’était l’été.

 

Un après-midi sur le bord de la rivière Saint-Charles
les madames en triporteur sont parquées à l’ombre

Un monsieur avec un chandail de BudLight

Des personnes en rollerblades
roulent à toute vitesse

Le Pharmaprix est rendu 24 h
c’est ben plein au service au volant du Tim Hortons
Place Fleur de Lys au gré des saisons
les fast food juste en face

Les voisins jasent dans le parking comme à tous les soirs
pendant que la crème molle dans la bâtisse Fort Boyard
run ben raide

Ville Vanier, tu gagnes à être connue
assise au soleil, j’entends le boulevard Wilfrid-Hamel,
je me sens bien.

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Malaise

Le malaise

Qu’on se le dise, j’aime mon quartier sous toutes ses coutures, même les moins glamour. Donne-moi des multinationales pis des fast food pis je vais t’en écrire des poèmes. Donne-moi des quartiers populaires pis du monde ordinaire pis je vais les aimer, je vais te les chanter, je vais même te les danser si tu veux.

Ça me dérange pas d’aimer Vanier, même si c’est le paradis du béton pis de l’asphalte, même si dans le fond, c’est un gros parc industriel et commercial avec une coupe de maisons dessus. Ça ne me dérange pas parce qu’il en reste en masse du stock à aimer. Une poignée de rues, une coupe de maisons, quelques églises, des tabagies, des écoles. Un petit concentré de vie, un quart de quartier oui, mais le mien. Mon quart de quartier. Ils peuvent avoir l’air de ce qu’ils veulent, les Vaniérois, ce sont les miens quand même. Eux et moi, on est tissés serré, et on se tient.

Non, le grand malaise que j’ai avec mon quartier, il commence par une pancarte qui est drette à la frontière de mon duché. Quand on arrive de Duberger et qu’on traverse à Vanier, une blonde madame nous accueille.

« Bienvenue au paradis »

bienvenue au paradis 2 

C’est juste une pub. C’est juste une pub et elle se veut bien invitante, mais c’est juste la pub de trop parmi toutes les pubs qui voudraient bien te faire accroire qu’une femme, dans le fond, s’tun peu comme un steak. Ça s’achète pis ça se consomme.

Passée date cette pub, brandissant sa madame blonde comme un gros trophée patriarcal des années 50. Et il fallait qu’ils la foutent à l’entrée de chez nous. Ils ne m’ont certainement pas demandé mon avis de duchesse.

Un malaise en amène un autre, cette pancarte (et l’établissement qui vient avec) me rappelle toujours que quelques mètres plus loin, sur Pierre Bertrand, il y la tache rose nanane. La tache rose nanane, parce son nom vrai nom nous donne le goût de sourire alors que ce qui s’y passe, ben moi, ça ne me fait pas rire du tout.

Deux établissements, deux pincements dans mon cœur de duchesse.

Je ne veux pas me lancer ici dans le débat sur la prostitution ou sur le libre choix des femmes de faire ce qu’elles veulent et de travailler où elles le veulent, et je ne veux surtout pas dénigrer les femmes qui travaillent dans l’un ou l’autre de ces établissements. C’est un sujet délicat, ce qui est toujours le cas finalement, quand on débat avec la vie des gens. Ce malaise-là, je voulais juste le nommer.

Je voulais juste nommer que je suis toujours triste quand je vois cette pancarte qui me rappelle que dans mon bien-aimé duché, on peut acheter un petit bout du corps d’une femme comme on peut s’acheter une assiette d’ailes de poulet ou un tournevis.

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les Fermières au travail!

Tisser des liens, trouver son cercle

Aujourd’hui, je prends une petite pause du poétique pour vous raconter l’histoire de mon écharpe de duchesse. Mon écharpe, elle n’est pas seulement belle, elle m’a aussi permis de tisser des liens dans mon quartier et de m’y sentir encore un petit peu plus chez moi.

Par un bel après-midi de janvier, je me suis rendue au local du Cercle de fermières de Vanier. M’attendait toute une brochette de belles madames aux multiples talents et aux cœurs grands comme la ville. En plus de leurs nombreuses activités, elles se rencontrent un mardi par mois pour tisser, tricoter, faire de la courtepointe et parfois pour faire un brin de jasette, tout simplement. Cette journée-là, elles avaient un mandat supplémentaire : aider une duchesse en détresse à réaliser sa bannière. Grâce à leur expertise, à leur patience et à leur générosité, mission accomplie!

Elles en ont profité pour m’inviter à un déjeuner-bénéfice organisé en leur honneur par les Chevaliers de Colomb. Le dimanche 8 février, je suis donc allée déjeuner au sous-sol de l’église Notre-Dame-de-Recouvrance pour encourager mon cercle. Plus de 200 personnes ont fait comme moi, c’est dire à quel point les Fermières de Vanier tiennent une place importante dans le cœur des résidents du quartier. J’ai eu l’occasion d’y rencontrer des membres impliqués de ma communauté et de voir à quel point Vanier est un quartier tissé serré!

Je tiens à remercier tout particulièrement madame Lise Fiset pour sa grande implication et sa générosité. Je remercie également Helen O’Brian et Sylvie Saindon qui ont  contribué à me fabriquer des bouts d’écharpe! Enfin, je remercie et salue toutes les autres fermières qui m’ont fait un si bel accueil.

Quant à moi, j’ai trouvé mon cercle, et j’en suis bien fière! Longue vie aux Fermières de Vanier!

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Capture d’écran 2015-02-08 à 13.41.45

Une vision

Une madame en rollerblades,
dans le stationnement du Canadien fatigué.
Elle fait de grands cercles.
Elle danse dans les vagues de chaleur

Moi je suis sûre,
je dis à mon chum
qu’elle écoute Flash Dance dans ses écouteurs

On la regarde un bout de temps.
On est comme figés.
Faut dire qu’elle est belle,
Madame Vanier.

 

 

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Le plus grand monsieur du monde… et le plus gros aussi

Chat vanierois. Photo : Jessica Landry, duchesse de Vanier 2015

Chat vaniérois. Photo : Jessica Landry, duchesse de Vanier 2015

Je me suis embarrée dehors.

« Monsieur, savez-vous si la madame du bureau est là aujourd’hui? »
Pas aujourd’hui, aujourd’hui, c’est le monsieur.
Ah.

J’attends,
Je contemple le stucco
et le tapis gris chiné.

J’attends,
le monsieur a pris un extra sur son heure de dîner.
Je me dis qu’il est peut-être au PFK.
C’est toujours long au PFK.

En sortant du bureau de location, le petit monsieur souriant m’attend.
Il me fait signe.
« Psssst. Viens icitte. »

Je le suis jusque devant sa porte
assortie aux couleurs des années 80.
Il me tend un article découpé dans le Journal de Québec,
plutôt deux.

« Regarde,
ça, c’est le plus grand monsieur du monde.
Il mesure 7 pieds quelques. »

Crime c’est vraiment grand.

« Et ça c’est le plus gros.
Il pèse presque une tonne. »

Ouin. Pas trop pratique.

Le petit monsieur souriant me fait un sourire encore plus grand que ceux d’avant.
On se sépare.
On est tous les deux contents,
on a découvert un petit peu du monde ensemble.

 

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Orange Crush

Orange Crush

Photo : Jessica Landry, duchesse de Ville Vanier 2015

J’ai un crush sur Ville Vanier
Un crush du style Orange Crush, si tu vois ce que je veux dire.

Tsé là, un peu adolescent, un peu boutonneux. Un peu tout croche mais pas trop.

Une moustache d’Orange Crush.
Eille ça c’est trash en tabarnak.

On va tu au dep ensemble?
Au Super Club,
On pourrait se louer un Chambre en ville

Dans mon cahier je fais un cœur.
J’écris Vanier dedans. Je l’efface.
Ville Vanier.

Une ride de char sur Hamel
les fenêtres baissées
la construction nous isole du centre-ville

Pas grave,
Orange Crush à la main,
on en profite pour rire
des péteux au centre-ville

Oups, pas poli.

Pas grave,
pas d’affaire au centre-ville aujourd’hui.

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crédit photo : Jessica Landry, duchesse de Ville Vanier 2015

Canicule de janvier

Le Carnaval, c’est l’hiver
mais moi j’ai le goût de te parler de l’été.

Sais-tu à quel point le soleil est chaud
dans le désert des centres d’achat?

Dans les terrains vagues
à vendre ou à louer
partout où tu voudrais fuir
le soleil te trouve et te plombe dessus

Moi, je marche tout droit
jusqu’à ce que ma peau devienne du cuir

Quand tu choisis de vivre dans le désert,
il faut que tu deviennes serpent.

//

On arrive dans une jungle qui nous sépare de l’autoroute
Un drôle de spot vraiment,
juste après les rangées de maisons.

Les roseaux nous montent jusqu’au-dessus de la tête
la mauvaise herbe nous coupe les pieds
on commence à perdre les cordes à linge de vue.

La ville veut nous retourner dans son labyrinthe de béton
nous, on résiste
il faut qu’on se rende jusqu’au magasin de béciks proche de la 40
l’autre bord du Parc industriel
l’autre bord de la civilisation
là où nul homme à pied,
n’a jamais mis le pied.
Dans le paradis des chars.

//

Pédale pédale

Mon amour
la prochaine fois on s’achètera une moto pour le retour
une grosse Harley qui pétarade.

Quand on passera devant la Broussaille,
on lui fera un fuck you.

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À mon amour, à Ville Vanier

Collage illustrant Ville Vanier

Quand je suis arrivée à Québec il y a sept ans, tu étais la dernière place où j’avais envie d’être. Pour une fille qui débarque tout droit d’une région ben, ben éloignée, tu n’avais rien pour me séduire : tu étais juste trop loin du centre-ville à pied. J’ai été fière citoyenne de Limoilou, hippie mal assumée de Saint-Jean-Baptiste et j’en passe. Mais Vanier? Tu étais hors de mon univers des possibles.

Alors, quand mon scintillant chum m’a annoncé qu’il ne bougerait pas de chez vous, je l’avoue, j’ai freaké. Le boulevard Hamel me faisait peur avec ses fast-foods, ses motels louches et Québec Broue, et j’avais des souvenirs traumatisants d’un show d’Iron Maiden vu au Colisée Pepsi quand j’avais 16 ans. Des flashs angoissants du parking de Place Fleur de Lys la nuit, du parcours de la 84 et de pizzas hawaïennes graisseuses hantaient mon esprit. J’avais peur de m’extirper de mon quartier in pour affronter l’indompté, l’hostile quartier populaire.

Mes amis montréalais branchés ont juré qu’ils ne viendraient plus jamais me visiter. Qu’à cela ne tienne, j’ai paqueté mon appartement plein de cachet du Vieux-Québec et je t’ai ouvert mon cœur.

Aujourd’hui, coin Marché du Store/Hamel, je partage l’amour féroce et la fierté que tes plus fidèles habitants te portent. Les mots manquent pour décrire la beauté rough de tes paysages de béton, pour décrire le soleil, dans le parking de mon bloc, les matins d’été. Surtout, les mots manquent pour décrire les gens, tes gens : la vieille madame épanouie avec ses cheveux mauves qui vit ici depuis 45 ans, ou encore tes enfants, lumineux, qui m’abordent sans gêne pour me demander si mon chien est « un vrai loup ». Ceux qui, fraîchement débarqués ou bien enracinés, t’animent et te rendent unique, fascinante.

Vanier, tu es la vie, tu es mon enfance de petit village, heureuse, rythmée par les starts des chars et les crèmes à glace. Forever Ville Vanier, je m’en fous que tu sois rough. Merci d’être toi, dans ta beauté bizarre et crue, dans ta beauté heavy metal. Merci de m’avoir séduite, merci, surtout, de m’avoir gardée.

Ta duchesse de Ville Vanier,

Jessica Landry

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